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La dame pourpre

Posted by Kaliom L. on déc 25, 2008

Petite mise à jour pour vous souhaiter un Joyeux Noël à tous. J’espère que vos fêtes se passent bien et que tout va bien pour vous boisson2:

Pour ma part, pour rester un peu dans l’esprit de Noël, je vous propose pour ce message du jour un petit conte plutôt court.

Il se nomme “la dame pourpre” et il a été inspiré par une illustration du même nom d’Yvan Villeneuve, je vous laisse vous rendre sur son site où vous pourrez découvrir le reste de ses travaux ! ;)

En ce qui concerne ma nouvelle, elle est certainement trop courte, mais c’était l’objectif que je m’étais fixé : écrire un texte très court sur une illustration qui avait énormément à dire, et que j’adore… j’espère que malgré tout que le texte vous plaira. Voici comme d’habitude la version pdf, avant la html. Je glisse d’ailleurs ci-desssous l’illustration qui m’a servi d’inspiration.

Bonne lecture :)

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La Dame Pourpre

 

 

Une légende parle d’un monde où les oiseaux sont géants et les dieux ont l’apparence de nuages. On raconte qu’un jour cet univers fut mis en péril par la cruauté et l’ignorance des humains. Les rumeurs de guerres entre hommes et dieux s’amplifièrent. Les plus puissants des mages se réunirent alors, envisageant l’affrontement avec un ego tout à fait démesuré, espérant grâce à leur science mettre à bas les pouvoirs divins.

Une voix s’éleva malgré tout contre cette folie, une enchanteresse fit entendre qu’il fallait parler avec les forces célestes, changer la façon de vivre des hommes et respecter le monde alentour. Mais bien vite les maîtres des sortilèges trouvèrent cette jeune personne impertinente, d’autant que ses idées étaient partagées par bons nombres de petites gens. Tous les faibles, les pauvres, les mendiants, les hommes et femmes de valeur pensaient comme elle. Par son éloquence, elle en arrivait même à convaincre les preux guerriers et les nobles têtes couronnées de se rallier à ses opinions.

Seuls les mages, Êtres se pensant tout puissants et supérieurs, ne pouvaient envisager d’écouter celle qui à leurs yeux était une simple novice. Dans l’impasse avec ceux de son ordre, la demoiselle chercha dans les livres le moyen de rencontrer les Dieux, espérant obtenir la clémence de ceux-ci pour tous les innocents qui voulaient changer les choses. Mais aucun indice ne semblait pouvoir la mener à un endroit entre terre et paradis. Peut-être même n’existait-il pas ?

Pourtant un jour, elle rencontra un mage qui maltraitait sa monture qui n’était autre qu’un oiseau géant. Cet enchanteur était ignoble, maugréant sans cesse, insultant la pauvre bête et usant de sa baguette pour la brûler si la pauvre créature se rebellait. C’en fut trop pour la demoiselle et bien qu’elle ne put défier le mage, elle attendit que la nuit vienne pour aller libérer l’animal meurtri.

L’oiseau, un martinet, en fut très heureux et ayant déjà entendu parler des projets de sa libératrice, lui proposa, en signe de gratitude, de la mener à la main céleste : l’endroit le plus haut perché, le seul lieu où il était possible de parler avec les divinités.

Le périple était difficile. Le vent était froid, les orages puissants, des tempêtes s’abattaient sans cesse sur les deux voyageurs. La demoiselle usait alors de sa faible magie pour réchauffer son compagnon. Elle déviait les vents trop forts et parfois, à la limite de l’épuisement, elle protégeait son ami pour qu’il puisse se reposer quelques temps. L’ascension vers le sommet du monde était une tâche presque sans fin. Peu de créatures étaient capables de monter si haut, de dépasser la limite des nuages pour se rendre là où nul n’allait jamais. De mémoire de martinet, seul un dragon était capable de voler si près des étoiles et de résister à toutes ces épreuves.

Après bien des jours et des jours, après la neige et le froid, après les averses de grêle que la magicienne dévia de ses pouvoirs, après les orages : le sommet se fit enfin voir !

Telle une main tendue vers le ciel, une petite corniche attendait comme un autel les personnes venant demander doléances aux dieux. Dans le ciel, parmi les nuages, les yeux du Dieu du jugement observaient avec attention la demoiselle vêtue d’un trop fin manteau pourpre, elle s’avança sur la petite falaise tremblante de froid et une torche à la main. Puis sans attendre et sous le regard du martinet, elle commença à plaider sa cause au Divin. Elle parla d’hommes de bien qui aimaient les animaux, d’êtres qui respectaient la terre, de rêveurs se battant pour un monde meilleur. Elle parlait des enfants innocents qui seraient l’avenir de la race humaine, elle argumentait pour démontrer le bien de certains hommes, refusant que l’humanité ne soit jugée pour la seule faute des puissants qui ne vivaient que pour leurs propres intérêts.

Mais la colère grondait chez les dieux et malgré toute sa détermination, malgré toute la ferveur de ses paroles, la sentence qui annonçait la guerre paraissait irrémédiable.

Vaincue la demoiselle tomba alors à genoux et la flamme de la torche animée uniquement par la chaleur de son cœur sembla vaciller sous le vent. Le voyage avait été long et difficile, et user d’autant de magie avait considérablement affaibli la jeune femme. Le Dieu du jugement n’y prêta guère d’attention, aussi peu touché par la dévotion de la pauvre créature, qui se trouvait devant lui, que les mages humains par la perspective d’une guerre ouverte avec le pouvoir divin.

Un vent glacial souffla alors et la petite torche sembla s’éteindre, des pleurs de désespoir se firent entendre. A bout de force, elle ne pourrait pas retourner sur terre et encore moins accomplir sa mission.

Touché au plus profond de son cœur, le martinet fit alors bouclier de ses ailes pour protéger la petite personne du blizzard, et ce fut à son tour, dans le langage propre aux oiseaux, de parler au Dieu. Il lui fallut beaucoup de temps pour exprimer ce qu’il avait à dire, il raconta son existence toute entière, sa vie au service des mages, les cruautés de ces derniers envers les animaux, mais aussi envers les hommes sans défense. Il parla avec chaleur de la petite demoiselle qu’il défendait de son corps, de la façon dont elle avait user de la moindre de ses forces pour lui assurer protection dans leur terrible voyage. Au nom de l’amitié, il défia de renier les Puissances Célestes !

Mais le Dieu nuage dur et imperturbable ne changea rien à son jugement.

Le martinet était lui aussi épuisé par un si long discours, et à son tour s’affaissa sous les assauts du vent gelé. La demoiselle se releva alors usant de sa magie pour raviver la torche qu’elle n’avait pas lâchée. La torche animée par la force de l’amitié brilla d’une lueur étrange et puissante, si bien que le souffle du vent lui-même fut incapable de la perturber et qu’en réponse à cet acte d’amour s’éveilla la Reine des étoiles.

Elle n’avait pas la forme d’une étoile habituelle, mais sa lueur faite d’espoir et de bienveillance était si intense et belle qu’elle avait le pouvoir de redonner confiance et croyance en toute chose. Le Dieu du jugement lui-même fut atteint par cette lumière supérieure et sa rancœur s’apaisant soudainement, il promit que si la jeune femme et l’oiseau parvenaient à rejoindre la terre par leurs propres moyens, il repousserait ses envies de guerre pour bien des générations, offrant ainsi une chance à l’humanité de changer.

Les deux compagnons louèrent alors la puissante étoile de l’espoir et bien qu’épuisés, mais le cœur débordant d’amitié, ils entreprirent leur voyage de retour.

 

On raconte que quelques temps plus tard vint au conseil des mages une personne vêtue de pourpre, elle chevauchait un martinet géant et ses pouvoirs étaient si grands qu’aucun mage n’aurait osé la défier. Elle rétablit ordre et justice et se mit à parcourir la terre pour changer le cœur des hommes. On raconte depuis que quand l’humanité court à la folie, quand tout semble perdu, il faut espérer la venue de la Dame Pourpre, Demoiselle au Martinet, protectrice des cœurs valeureux.

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