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La mémoire de l’eau

Posted by Kaliom L. on août 24, 2008

Un autre petit conte, vraiment très court. A la base, je l’ai écrit alors que je devais m’inspirer du thème : “la mémoire de l’eau” pour écrire un poème. L’ennui, c’est que je n’arrivais pas écrire de poèmes (et je n’y arrive toujours pas d’ailleurs), alors je me suis rabattu sur l’idée d’un texte court, où je ne me sentirais pas limité par les rimes, ou la taille des vers… ça donne cette petite histoire, qui est relativement proche de l’ébauche, ce qui m’a donné l’envie de reprendre le personnage d’Aldroun pour un texte du nom de “Mylunie”, et qui se déroule à Mirador… Mais c’est une autre histoire, vu que ce texte est en cours d’écriture ;)

En attendant, si jamais ce petit bout de mon univers vous tente, je vous invite à faire un clic secondaire avec votre souris sur ce lien : http://www.lesterresdekaliom.motsetlegendes.com/la_memoire_de_leau.pdf  et de faire “enregistrer la cible sous” pour charger le pdf. Sinon, il vous reste la version html qui me parait bien moins agréable, car je n’arrive pas à garder le formatage d’origine du texte.

Dans tous les cas, j’espère que ce sera une lecture intéressante…

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La mémoire de l’eau

A Mirador, la cité du bord de mer, un vieux pêcheur du nom d’Aldroun racontait à qui voulait l’entendre : une histoire fabuleuse. Il parlait avec plaisir et les yeux pleins de rêve d’un endroit bien mystérieux, situé quelque part sur la côte. Une crique abandonnée où jadis, selon lui, les sirènes venaient se détendre et prendre le soleil. C’était une plage merveilleuse, où le sable fin laissait le corps se détendre, tandis que l’âme se perdait dans la contemplation de l’horizon.

Selon le vieil homme, il se trouvait là bas, parmi les rochers, un petit trou d’eau bien étrange qui semblable à un miroir renvoyait de curieuses images. Il avait raconté à tous les passants qu’il y avait vu de biens jolies femmes, des bateaux merveilleux, des richesses comme nul ne pouvait l’imaginer. Mais aussi des créatures fabuleuses comme des dragons des mers, ou même des fées ou bien encore, un être tellement sombre et charismatique qu’il ne pouvait s’agir que du dieu déchu Valkan en personne !

Néanmoins personne ne voulait le croire, et encore moins l’accompagner dans un dangereux voyage pour vérifier si ses dires étaient vrais. Si bien qu’Aldroun passait pour fou dans toute la cité. On se moquait de lui ouvertement, plaisantant dans son dos et refusant le fruit de sa pêche. A son âge avancé, sa vie n’était déjà pas facile, mais à cause de cette mauvaise réputation, il devait à présent s’épuiser à parcourir de longue distance pour vendre son poisson.

Étant un homme vertueux et loyal, il ne supportait pas que l’on puisse remettre en doute sa parole et lentement son état de santé vint à décliner, à mesure que les gens de leurs propos acides attaquaient son honneur.

De toute façon, si personne n’était là pour l’écouter, à quoi bon s’obstiner à vivre ?

Ses pensées étaient sombres et bien souvent son regard jadis rêveur n’était plus que douleur et souffrance. Le pêcheur souriant n’était alors plus que l’ombre de lui-même.

Un jour, pourtant, Mylon se présenta à lui. C’était un jeune barde provenant à la vue de ses habits du royaume de Derhiom. Ce garçon, étant fils de pêcheur, se prit de pitié pour le vieil homme et lui demanda de le mener dans la mystérieuse crique, afin de pouvoir regarder l’étrange trou d’eau.

Le jeune homme put alors y voir bien des choses étranges, des choses qui n’était pas forcément les mêmes que celles décrites par le vieux pêcheur. Lui y vît des souvenirs de son enfance au bord de mer, il vit la demoiselle qu’il avait tant aimée et qui avait disparue lors d’un naufrage. Il observa, impuissant, la lutte de celle-ci contre les courants marins, et la façon dont si belle, elle avait trouvé le repos au fond des océans. Il aperçut ensuite une bataille entre deux navires, puis un coffre au trésor englouti sous la surface de l’eau, non loin d’un endroit qu’il connaissait bien dans son pays.

Le ménestrel sans attendre demanda au vieil homme de le ramener à Mirador, et de là, les deux amis partirent par la mer en direction du royaume de Derhiom, où ils découvrirent, exactement là où le trou d’eau l’avait montré, un coffre plein de richesses.

Dès lors, le vieillard n’eut plus jamais à travailler car il possédait à présent une fortune telle que nul à Mirador n’aurait osé se moquer de lui. Pour sa part, le barde abandonna sa vie de voyage pour vivre de la pêche, et ainsi passer des heures et des heures à contempler le trou d’eau, le regard rêveur et un sourire aux lèvres. Comme en admiration devant les mystères de l’univers.

Quand parfois on lui demandait ce qu’il faisait tout seul, là-bas perdu dans cette petite crique, il n’était pas rare de le voir bien embarrassé et incapable de répondre. Pourtant, le vieil Aldroun lui savait fort bien ce que faisait son ami. Ce dernier épiait les secrets de l’océan, comme si ce dernier, au travers de l’étrange trou d’eau, lui racontait tous ses souvenirs. Lui faisant découvrir des merveilles que nul homme n’avait pu voir en remplissant son coeur de poète de milliers de récits fantastiques qu’un jour il pourrait écrire dans un livre. Un livre que Mylon pourrait dans bien des années et des années d’observations et de patience nommer : “La mémoire de l’eau”.

6 Comments »

Magali:

Je vais y aller d’une de mes analyses foireuses, mais bon… Nous sommes entre amis boisson2:
En fait, ce qui m’a plu (sans exclure l’hypothèse dune mauvaise interprétation de ma part), c’est la “morale” qui se dégage du texte.
Cette morale serait qu’à un être capable d’un peu d’écoute et de compassion, bien des merveilles peuvent être révélées…
Mais aussi qu’il y a un double tranchant à savoir et vouloir rêver envers et contre tout, et qu’un esprit réceptif aux belles choses ne s’acquiert, peut-être, qu’en passant par des épreuves douloureuses.
En tous cas, à titre personnel, c’est ce que j’aurais tendance à penser. Les personnes qui se moquent très volontiers des rêveurs sont bien souvent des gens vides qui n’ont certainement pas assez vécu pour comprendre la nécessité du rêve.

Enfin voilà, c’est la réflexion que j’en retire rougi2:
Et quand Mag se met à réflexionner, c’est qu’elle a apprécié sa lecture rougi2:

août 24th, 2008 | 20:19

Un petit conte sympathique, dans les tons pastels. On éprouve de la compassion pour le pêcheur, j’ai été étonnée que le jeune homme n’aperçoive pas la même chose… j’ai trouvé qu’il trouvait le trésor un peu facilement (mais c’est un conte et l’épisode est rapide) et j’ai beaucoup aimé la fin du vieux pêcheur écoutant les secrets de l’océan.

août 26th, 2008 | 8:33

Désolé pour le retard de ma réponse, mais j’étais sur les corrections des textes de “Mots & Légendes” et comme souvent… je n’arrive pas à tout faire… Merci beaucoup à toutes les deux de me suivre rose:

Pour te répondre Magali, je suis assez d’accord avec ton analyse… même si étrangement, je ne pensais pas énormément au message de mon texte quand je l’ai écrit… Mais je crois que c’est bon signe quand un texte parvient à donner envie d’y réfléchir…
Sinon je crois que pour réaliser un rêve, pour l’atteindre et le vivre pleinement… Il faut souffrir, sinon ça serait trop facile, tout le monde y arriverait et surtout je crois énormément à la notion de “quête”, de voyage ou d’expérience… Je crois aussi que parfois, souvent même, le rêveur à des comptes à rendre à son rêve… il doit en être une sorte de gardien pour que ce dernier ne sombre pas… faut donc s’accrocher !

Merci beaucoup Elvys, c’est vrai que le texte est court, trop pour explorer pleinement la personnalité de chacun et aussi chaque scène.. je suppose qu’en s’y prenant bien, il serait possible d’en faire nouvelle assez longue, voir un roman…

Merci à toutes les deux ! rose: bisous:

août 31st, 2008 | 19:33

Je vais revenir demain ou après demain.
Loic

septembre 8th, 2008 | 18:42

Riche d’enseignements divers, ce conte agréable !
- Il n’existe pas d’êtres qui ne soient respectables.
- Le devoir accompli avec conscience et ténacité est toujours récompensé.
- Laisser le monde des rieurs et moqueurs de côté pour suivre son chemin, celui auquel on croit et qu’on pense être le sien.
- Faire confiance à la Providence et à ses envoyés.
- Garder de l’humilité, avoir de la reconnaissance, cultiver l’amitié….
J’ai bien aimé. Amicalement. Loic

septembre 10th, 2008 | 11:42

Merci pour ce commentaire Loïc, je suis ravi que ce petit texte t’ait plu boisson2:

septembre 10th, 2008 | 16:57
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vampire: triste: surpris: super: rougi: rougi2: rose: pompom: pirate: merci: lol: jesors: dragon: chevalier: bourreau: boisson: boisson2: bisous: barbare: ;)f ;) :p :D :)

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