Le soleil agonisant
Posted by Kaliom L. on fév 8, 2009
Je reprends le harcèlement
En fait, je sens que j’arrive à la fin du déménagement de mes textes et j’en suis vraiment content, d’où le fait que j’accèlere peut-être un peu trop les choses… mais c’est aussi que j’ai hâte de pouvoir mettre du récent et d’essayer d’animer un peu plus ce blog…
C’est donc pour ça qu’aujourd’hui, je mets en ligne un petit conte que j’ai écrit dans la période 2000/2002, il est naif et y a sans doute beaucoup trop de répétition… mais en le relisant, je n’ai pas eu envie de modifier trop les choses
Voici le lien pdf : http://www.lesterresdekaliom.motsetlegendes.com/le_soleil_agonisant.pdf et ci-dessous la version html. J’espère que vous passerez un bon moment à me lire
Le soleil agonisant
Il y a bien longtemps, dans une galaxie semblable à la nôtre mais sans vie, brillait un jeune soleil. Un soleil aussi pur que l’ardeur qui le faisait luire. Il faisait consciencieusement son travail d’astre du jour transmettant à l’aide de sa lumière la moindre nouvelle dans l’immensité de l’espace intersidéral. Ainsi tout était parfait : les nébuleuses, les trous noirs, les météorites, les galaxies, les planètes, toutes choses apprenaient ce qui se passait à l’autre bout du cosmos. Il empêchait ainsi que l’univers ne devienne sombre et glacial, accomplissant sa tâche avec le plus grand sérieux.
Rien n’aurait su lui dire qu’il faisait mal celui-ci.
Pourtant vint une comète qu’il ne connaissait pas, il apprit qu’elle était née très récemment et qu’elle parcourait l’univers pour transmettre les nouvelles. Elle aussi était une messagère de la vie. Bien vite, le soleil prit l’habitude de la voir revenir régulièrement. Et à chaque fois, elle devenait de plus en plus amère. Une année elle revint en disant que tous les soleils n’étaient que des monstres. Elle disait qu’ils engendraient la mort, qu’ils desséchaient les planètes et les faisaient mourir.
— Pour le bien de l’univers, vous devriez disparaître ! Bande de démons ! disait-elle.
Cela troubla profondément le jeune soleil. Ses semblables et lui-même n’avaient-ils pour mission que de détruire ?
Non ! Il ne pouvait s’y résoudre. Il voulait croire en la vie. Il voulait que la vie naisse sur une des planètes de son système solaire. Il le souhaitait de toute son ardeur et il employa beaucoup de son énergie à chercher le moyen d’y parvenir, questionnant tous les astres qu’il connaissait. Il demandait comment l’on faisait naître une planète, et personne ne lui répondait, personne ne savait. Et les vieux astres, qui savaient, avaient tout oublié !
La comète revint et fut encore une fois très méprisante. Elle lui raconta qu’à l’autre bout de l’univers, les soleils s’amusaient à décimer les planètes une à une, dans une sorte de compétition malsaine. Ils tuaient de leur chaleur les êtres qui y vivaient et brûlaient tout sur leur passage.
— Je ne suis pas comme eux, implora-t-il à la comète. Dis-moi comment faire naître une planète… Je t’en supplie ! Laisse-moi prouver que je suis différent ! Je veux connaître la vie, pas la détruire !
La comète répondit qu’elle ne savait pas et qu’elle se serait abstenue de toutes façons de divulguer son savoir à un meurtrier.
— A quoi bon vivre, si c’est pour détruire ! hurla-t-il dans tout le cosmos. Il se sentait triste, il ne comprenait pas ses compagnons soleils. Oui, triste et seul avec des questions sans réponses et des espoirs faiblissants.
A quoi bon exister, s’il ne pouvait engendrer le bonheur de la vie ? A quoi bon exister, si c’était pour ne voir que mort et désolation ? Autour de lui gravitaient quelques planètes, mais elles étaient toutes trop chaudes pour accueillir la moindre vie, ou bien trop glaciales pour qu’elle s’y installe.
A y réfléchir, il ne souhaitait plus exister.
Son existence ne valait pas le coup d’être vécue, si seule le vide l’entourait. Si comme ses semblables, il était destiné à n’engendrer que la dévastation, il se détruirait lui-même avant d’annihiler la moindre planète !
C’est ainsi que sa lumière se mit à faiblir, son cœur ardent sombrant lentement vers une froide obscurité. Des étoiles lointaines affolées tentèrent de lui redonner espoir, de lui apprendre que sa destinée était peut-être juste d’éclairer une parcelle de l’univers. Mais il ne voulait pas savoir. Non, il ne voulait pas. Il ne voulait pas entendre. Il cessa donc de prêter attention aux paroles des étoiles.
La comète passa de nouveau et eut pour seule réaction un sourire de triomphe, car tels les meurtriers qu’elle accusait, elle prenait plaisir à tuer la bonté de ce jeune soleil.
Blessé dans ses convictions, il s’affaiblissait à mesure que le temps défilait. Rien ne le perturbait plus, plus rien n’attirait son attention, ni ne ranimait ses envies. Il était seul, seul face à sa solitude, seul face à sa détresse et seul face à la fin de son existence. Il aspirait à une mort rapide, il espérait trouver enfin le repos pour son cœur désabusé et enfin être libéré de toute sa souffrance.
On chuchotait dans tout l’univers qu’il ne lui restait que peu de temps à briller. S’il ne se reprenait pas, il s’éteindrait à jamais.
Le temps continua à s’écouler, la comète passant de nombreuses fois devant le soleil et ne manquant jamais de le couvrir de ses remarques amères.
C’est alors qu’une petite voix s’éleva dans la galaxie du soleil mourant. Une voix étrange et encourageante, une voix qui chantait la vie. Comme une douce mélodie, elle se répandait dans son système solaire. Atteignant lentement, mais sûrement, le cœur du soleil affaibli. Elle chantait :
— Ne meurs pas ! Ce n’est pas le moment ! Regarde, la vie existe autour de toi ! Si tu ouvrais les yeux, tu la verrais. Pour cela ouvre les yeux, mais avec ton cœur. Fais-le doucement et contrôle ton énergie, tu pourrais brûler la vie que tu as fait naître.
Cette voix revint plusieurs fois, chaque fois elle devenait plus forte et plus mélodieuse, enchanteresse comme la voix d’une sirène de l’espace. Une voix qui éveillait des désirs inconnus chez l’astre mourant.
— Doucement, doucement ! disait la voix. Avec patience !
Avec une grande difficulté, il regarda autour de lui et vit une chose extraordinaire à quelques millions de kilomètres de lui. C’était ébahissant et stupéfiant, il ne savait que dire et sa joie fut si intense que d’un seul coup une bouffée de chaleur l’enveloppa, réveillant en lui une sensation intense et majestueuse. Pour la première fois, il ressentit toute la force de son cœur de magma !
— Doucement, lui dit la petite voix. Doucement ! Je ressens ton amour, mais si jamais il devient trop incandescent, il me tuera. Je ne peux survivre avec des températures trop extrêmes. Si tu meurs, je meurs. Mais si tu vis et m’aimes jusqu’à la fin de ton existence en rationnant tes désirs, je vivrais aussi longtemps que toi.
En regardant ce qui se trouvait devant lui, il se mit à sourire, car il découvrit une petite planète vivante et vibrante. Elle était bleue et parfaite, gracile et magnifique. Elle se déplaçait autour de lui avec grâce et volupté, comme si elle dansait avec lui.
Il se perdit alors en contemplation, chaque instant paraissant nouveau et magique. C’est ainsi qu’il continua sa vie en aimant éternellement cette petite planète bleue. Veillant à son bonheur et n’osant plus regarder ailleurs. Il était enfin heureux et ne prêta plus jamais attention aux remarques venimeuses de la comète.
Alors se répandit enfin dans l’univers la nouvelle de la naissance d’une planète nommée Amour.
oui, un bon et doux moment en vérité…j’avais l’impression de t’entendre le lire.Ce texte me fait penser aux contes pour enfants. Il est plein de douceur, de poésie, très touchant.
C’est mignon… un vrai conte de saint-valentin! tu aurais du la poster le 14 février…
Merci à toutes les deux !
C’est vrai que je l’avais écrit dans une logique de conte pour enfant… j’ai toujours eu envie de faire rêver… mais c’est vrai aussi qu’il aurait très bien fait pour la Saint Valentin… mais j’y ai pas pensé
Merci pour votre passage !
c’est tout doux comme conte
Merci beaucoup Elvys