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Rêves déchus »


L’œuf de Dragon

Posted by Kaliom L. on jan 18, 2009

Les mises à jour ayant étaient assez intensives dernièrement, je vais faire une petite pause dans ces dernières.

Néanmoins avant cela je vais faire une dernière mise à jour avec une nouvelle datant d’octobre 2006 et que j’ai retravaillée régulièrement. Elle m’a été inspirée par la manière d’agir sur une personne qui comptait beaucoup pour moi…. j’espère qu’elle vous plaira…

Comme d’habitude, vous pouvez télécharger la version pdf sur ce lien et je mets ci-dessous la version html.

J’espère que vous passerez un bon moment avec un petit bout de mon univers :)

 

L’œuf de Dragon

 

 

Un jour deux vieilles femmes, alors qu’elles se promenaient parmi le paysage marécageux et mélancolique du royaume de Hartnord, firent une bien étrange découverte. Elles eurent bien du mal à s’en convaincre, mais au détour d’un chemin, elles se retrouvèrent face à un œuf à la coquille aussi colorée qu’un arc-en-ciel. Il n’y avait aucun doute possible sur la nature de celui-ci : il s’agissait d’un œuf de dragon-fées !

C’était là un fait assez rare pour que les deux vieilles aient matière à discuter entre elles pendant des lustres, mais il était question depuis quelques jours de la mort d’un dragon-fée. On contait partout dans le royaume que de vaillants guerriers avaient mi à terre et défait une de ces terribles créatures. Le hasard était trop grand pour que cet œuf de la taille d’une marmite ne soit le rejeton du monstre tout juste vaincu…

— Nous devrions le mener au capitaine de la garde et demander une récompense, dit la plus petite des deux, Histia.

— Tu dis n’importe quoi voyons ! répliqua Trina avec un regard gourmand. Nous devrions en faire une bonne omelette ! Imagines les pouvoirs qui nous seraient donnés si nous pouvions manger de cette chair là ! Ne parle-t-on pas de ces créatures comme de la plus haute puissance qui soit ?

— Certes, mais de l’or serait plus durable, le capitaine de la garde se plairait certainement à avoir ce genre de monstre dans son armée. Nous pourrions avoir des richesses à ne plus savoir qu’en faire ! Ce serait la fin de la pauvreté !

— Mais le pouvoir nous rendrait indépendante ! Et peut-être jeunes à nouveau !

 

* * *

 

 

Les deux vieilles dissertèrent longtemps du sujet, et ce ne fut que lorsque les ténèbres se mirent à tomber qu’elles décidèrent de rentrer chez elle, sans avoir toutefois trouver un compromis. Mais la soirée aidant et après une bien longue discussion, aussi animée qu’arrosée, elles se mirent enfin d’accord sur un point : avant de choisir la bonne marche à suivre, il fallait mettre l’œuf en sécurité chez elles. Elles auraient ensuite tout leur temps pour se renseigner sur les éventuelles possibilités que ce bien leurs donnerait.

Sur ces belles paroles, elles s’arrangèrent pour emprunter un attelage et le lendemain, à la nuit tombée, s’en allèrent chercher l’œuf. Ce ne fut pas une tâche aisée pour les vieilles femmes de le hisser dans le chariot, mais le désir de garder secrète cette affaire leurs fit accomplir des miracles. Plus tard, avec un grand soucis de la discrétion, elle revinrent dans leur petit village et avec beaucoup de précaution déchargèrent leur trouvaille. Elles étaient si inquiètes qu’elles sursautaient au moindre bruit, craignant sans cesse d’être découvertes et dépossédées de leur trésor.

Le précieux objet fut installé devant la cheminée qui ne s’éteindrait dès à présent plus jamais.

Trina, s’étant procurée un livre parlant des secrets des dragons, avait appris qu’un œuf de ce type de créature devait être gardé à une certaine température pour avoir une chance d’éclore un jour. Le hasard aidant, sa lecture l’avait menée à découvrir que c’était un objet des plus rares, car un œuf de dragon-fées possédait une spécificité assez unique. La légende voulait que le rejeton put devenir ce que le parent désirait qu’il soit. C’était un pouvoir particulier octroyé aux dragon-fées. Selon l’auteur du livre, un célèbre mage d’Andolie, c’était un moyen de contrôler la répartition des différentes races de dragons, un moyen de maîtriser l’équilibre des peuples. Les dragons-fées étant les régulateurs de l’harmonie entre les différents membres de leur espèce.

Mais Trina en lisant cela en vint à imaginer toutes sortes de choses, si ce petit œuf pouvait donner naissance à la créature ou chose de sa pensée, alors elle avait la possibilité de faire un vœu qui pourrait lui permettre d’obtenir tout ce qu’elle désirait. Il lui suffisait de rêver que le bébé soit doté de pouvoir magique qu’il pourrait lui transmettre et, alors, elle deviendrait puissante parmi les puissantes. Aussi redoutable qu’Annabella la sorcière ou mieux encore Valkan, le dieu déchu !

C’est ainsi qu’elle se mit à raconter à l’œuf des histoires évoquant de jeunes fils qui donnaient tout ce qu’il avait à leur mère. Elle passait des heures à lui dire qu’offrir ses pouvoirs à autrui était important, que la charité était la vertu des créatures de son peuple.

Histia ne tarda pas à remarquer les manœuvres de son amie et ne fut pas longue à découvrir le mystérieux ouvrage parlant des secrets des dragons. Alors à son tour, quand Trina n’était pas là, elle se mit à narrer des contes au petit qui sommeillait sous la coquille, mais ses récits à elle parlaient de créature qui pouvait pondre de l’or, donnant de la richesse à perte de vue, ou d’un souffle transformer la pierre en objet de valeur.

Avec le temps, comme il l’était désigné dans le livre de magie, la coquille commença à changer de couleur, signe que le bébé était en train de grandir et se transformer selon les apprentissages qui lui étaient faits.

Les deux vieilles jubilèrent et redoublèrent d’efforts, entretenant le feu afin que la chaleur ne tombe jamais, se relayant jour et nuit pour garder l’œuf et diriger lentement, mais sûrement, les pouvoirs de la créature. Pendant près de deux mois, les histoires s’enchaînèrent modelant le cœur du dragon à l’image de celle de ses parentes adoptives. La coquille passa par de nombreuses couleurs : du vif argent au noir, en passant par le bleu, chaque nuance semblant évoquer les qualités chantées dans les légendes qu’on lui narrait. Mais à la fin, elles se stabilisèrent en un étrange mélange qui aurait fait passer l’œuf pour l’œuvre d’un peintre, car il était entièrement noir, mais parsemé de lignes d’or.

Le livre du mage d’Andolie ne traitant pas de ce fait étrange, les deux femmes se réjouirent de leur réussite, elles allaient avoir sous la main un animal extraordinaire et unique, entièrement dévoué à leurs désirs.

Le temps défila ainsi pendant bien des semaines, les choses se figeant, l’attente des deux femmes était perpétuelle. Le grand moment approchait et chacune espérait prendre de vitesse l’autre pour obtenir plus et ne pas avoir à partager.

Cela aussi le cœur du petit dragon le sentait et il se forgeait de toute cette perfidie ambiante. Il n’y avait pas d’amour dans cette maison, pas de pitié, ni même de générosité, juste de l’avarice, de la haine, de la jalousie, et un désir de dominer les autres bien réel, mais piégé par des conditions défavorables.

La vraie leçon enseignée était de ne jamais faire confiance, de ne pas se perdre en moralité et de duper les autres sans lésiner sur les manipulations, car la seule règle qui fut était de penser à soi et penser pour soi. Tous les récits parlant de bonté et de noblesse étaient rabaissés par le cœur noir et pourri qui les racontait, si bien que le dragon sentait la perfidie de la nature humaine. La capacité de ce peuple à enjoliver les choses pour obtenir toujours plus, et se faisant, il se transformait à l’image de cette terrible éducation.

 

* * *

 

 

Vint enfin le jour où l’œuf se mit à bouger, les deux femmes étant présentes au moment de ce grand événement, elles se mirent à observer avec appétit le spectacle. Chacune songeant à toutes les merveilles qui l’attendaient. C’était comme recevoir un héritage et elles espéraient bien en recevoir une plus grosse partie que l’autre. En silence Histia avait déjà pris un couteau pour se débarrasser de sa rivale, néanmoins étant prudente, elle préférait attendre que le dragon soit vraiment “vivant”. Seule, elle n’aurait pas la capacité de s’en occuper nuit et jour. De son côté, Trina n’était pas en reste et avait dissimulé dans les plis de sa robe une petite matraque qui le moment voulu ferait son office. Mais elle aussi était prudente et ne pouvait se débarrasser de sa partenaire, sans certitude.

Cette envie de tuer régnait depuis déjà bien des jours dans la maison, si bien que le dragon lorsqu’il craquela la coquille de son œuf ne rencontra en guise d’air que haine et désir de mort. Son museau noir brisant son cocon protecteur, il poussa un hurlement si terrifiant que les deux femmes en restèrent pétrifiées sur place. D’un mouvement vif de la tête, le dragon fit éclater le haut de la coquille et ses yeux sombres dévisagèrent les deux vieilles. La rage de son regard aurait suffit à faire fuir le plus valeureux des chevaliers d’Horqmurte, mais il parla alors avec une voix distinguée :

— N’ayez pas peur de mon apparence, je suis Kaltrioz et je connais vos désirs ! sa voix n’évoquait pas celle d’une créature tout juste née, mais plutôt celle d’un maître du langage.

Son incubation lui ayant appris tous les perfidies et subtilités du parler des hommes, il en possédait déjà tout l’empirisme. Si bien qu’il endormit bien vite les vieilles femmes et obtint d’elles nourriture et chaleur le temps de grandir suffisamment pour être en possession des pouvoirs qu’elles réclamaient. Mais quand il fut assez âgé pour se débrouiller par lui-même et fut devenu un dragon à l’apparence bien étrange, car noir mais strié de fil d’or. Il appela Histia auprès de lui :

— Au cours de ma jeunesse, tu m’as enseigné à donner la richesse à mes parents, tu m’as dit de leurs donner jusqu’à ma vie pour leur propre bien, je vais à présent te donner la richesse éternelle. Approche !

La vieille femme n’en croyait pas ses oreilles et elle s’avança vers la créature qui à présent était de la même taille qu’elle. Comme attirée, elle regarda les yeux du dragon et il lui sembla qu’au milieu des pupilles noires une lueur d’or s’éveillait… ce fut la dernière chose qu’elle vit, car instantanément elle fut transformée en statue d’or. Le dragon lui avait donné la richesse en la figeant sous la forme d’une femme dont l’or serait inaltérable.

Kaltrioz dissimula alors Histia et attendit la venue de Trina.

— Approche, dit-il d’un ton affable. L’heure de la récompense est venue !

La veille s’exécuta, et le dragon noir reprit parole :

— Tu désires la puissance par-dessus tout et je me suis nourri de ce désir pendant toute mon enfance. Tu rêves de devenir aussi puissante que le plus puissant des hommes. Tu souhaites voir ce qu’aucun être de ta race n’a pu voir, hormis Valkan. Tu possèdes une voracité sans fin…

— Oui, répondit-elle avec un sourire plein d’espoir.

— Tu sais alors que c’est un pouvoir qui ne se partage pas. Mais tu peux contribuer à son émergence car j’ai une faim sans limite !

Sans attendre, il dévora Trina, savourant lentement la chair de la vieille femme, la première chair humaine qu’il dégustait. Cela faisait si longtemps qu’il en rêvait que son appétit éveillé, il lui en fallait bien davantage. Alors il se rua au dehors pour détruire le petit village qui entourait sa maison natale. Il ne fit pas de pitié tuant et massacrant sur son passage, jouant de ses pouvoirs sans limites, brûlant les maisons et dévorant les enfants. Il riait à pleine gorge découvrant les milles plaisirs d’annihiler ce peuple qu’il avait en horreur. Un dragon ne grandissant comme aucune créature, il avait bien vite senti à quel point entendre parler de pouvoir constamment avait changé son cœur. En lui un feu ardent de haine ne demandait qu’à se répandre comme en vengeance de ce qu’on lui avait pris. Mais son ego avait également été façonné à l’image des hommes et c’est en homme qu’il pensait, c’est pourquoi il épargna le dernier enfant du village pour qu’il puisse témoigner des événements. Kaltrioz lui raconta sa triste histoire, néanmoins il n’y avait aucune trace de remord ou de désespoir dans ses mots, pour lui sa destinée avait été de naître ainsi, afin de devenir un être unique et tout puissant.

Une fois ceci fait, il déploya ses grandes ailes ténébreuses et s’envola vers d’autres méfaits, laissant derrière lui un jeune garçon qui ne pouvait pas oublier le message qu’il devait transmettre :

— Que les hommes craignent la créature qu’ils ont engendrée par leurs sombres cœurs, car je connais toutes vos ruses, je connais toutes vos perfidies et un jour je régnerai sur tous les vôtres, car on m’a éduqué ainsi !

 

 

La légende de Kaltrioz se continua pendant des années et des années, le dragon au cœur d’homme enchaînant massacre sur massacre.

Toutefois de nombreuses morales furent tirées de cette sombre histoire, en voici une qui est racontée au royaume de Mornesterne : “Il faut se méfier de ce que l’on dit, car si jamais l’on dit le contraire de ce que l’on pense, il n’est pas rare de faire naître rancœur et haine dans le cœur d’autrui.”

Tandis qu’à Mirador, on raconte : “ce que l’on met dans le cœur des enfants ou des gens finit toujours par ressortir… pour le meilleur ou le pire…”

2 Comments »

J’ai beaucoup aimé cette histoire mais à vrai dire je trouve qu’elle n’est pas finie, il y a certes une morale, mais j’aurais aimé en savoir plus sur le petit garçon, j’aurais aimé que le dragon revienne dans le monde des hommes… je trouve que cette nouvelle a du potentiel pour être développée !

janvier 20th, 2009 | 19:42

Merci ! rose:

On m’a déjà fait le commentaire pour le côté pas fini du texte, j’ai même déjà les pistes pour le développer… mais j’ai jamais trouvé le courage de m’y mettre. Je pense qu’il faudrait un vrai roman pour boucler l’histoire et pour l’instant force est de constater que je n’arrive pas à m’engager sur une telle longueur d’écriture… à chaque fois que je pense être lancé, je cale… sans arriver à repartir… jesors:

janvier 20th, 2009 | 23:21
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:D rougi2: surpris: barbare: bisous: boisson2: boisson: bourreau: chevalier: ;)f ;) dragon: jesors: :p merci: pirate: pompom: lol: rose: rougi: :) super: triste: vampire:

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